CHAPITRE IV
L’entrée furibonde de Jeffrey Mullins laissa Jéhabel de marbre. Il s’attendait depuis près d’une heure à ce type de visite et s’était résigné à affronter des instants pénibles.
Sans attendre d’y être convié, le contrôleur de l’O. S. R. s’assit en face du chasseur. Il était rouge, il avait le cheveu en bataille et le désir manifeste d’en découdre. A l’opposé, Jéhabel puisait dans ses réserves de patience pour offrir une attitude calme et impénétrable.
— Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? A quel jeu jouez-vous exactement ?
— De quoi parlez-vous, Mullins ?
— Je suis censé aller ici où bon me semble, vérifier les installations et parler aux détenus… Alors je vous demande un peu ce que foutent vos sbires sur mon passage. Depuis ce matin je m’efforce en vain de prendre contact avec la population Vorkul. Dès que je m’avise d’aller quelque part, il y a un de vos surveillants armés qui me coupe la route. Vous vous mettez hors la loi par ces pratiques, Jéhabel, des pratiques d’un autre âge dont vous avez la nostalgie. Je suis un personnage officiel, que ça vous plaise ou non. Alors, un bon conseil, dites à vos gorilles de me laisser faire mon job en paix.
— Vous avez fini ?
— J’en ai encore à votre service si vous le souhaitez.
— Mullins, vous n’êtes pas en position d’exiger quoi que ce soit.
— Non, sans blague ?
— Vous n’étiez pas désigné au départ pour remplir cette mission. Je suppose que vous en avez conscience ?
— En effet. C’était une sorte de lèche-cul qui devait venir, prendre une Cage en cadeau d’amitié et délivrer un certificat de conformité à vos magouilles. Je ne citerai pas son nom par pure charité. Moi, je ne suis pas de cette eau. J’ai un mandat en bonne et due forme pour inspecter Chrysalide One et je le ferai. N’essayez plus de m’en empêcher ou ça ira très mal.
— Présentement, Mullins, nous sommes en train de veiller à ce que le rapport que vous pourrez faire sur votre visite ici n’ait pas plus de valeur qu’une serviette de bain.
— Possible, mais ça ne suffira pas pour vous en tirer.
— Nous mettons en doute votre objectivité de contrôleur. Et votre compétence.
— Vous serez débouté.
— Vous sous-estimez décidément notre présidente, Mme Dale vous connaît bien.
— Je le lui rends.
— En attendant que la décision soit rendue, vous ne verrez pas d’inconvénient, j’espère, à regagner votre cabine.
— C’est complètement insensé, je…
— Mullins, je serais navré qu’un accident vous arrive là dehors. Vous pourriez passer sous un mirador en marche ou vous perdre dans la forêt cannibale juste-là derrière. Ce serait fâcheux pour tout le monde, mais très certainement pour vous en premier chef.
Mullins devint subitement pâle. Il chercha à dissimuler son trouble derrière un ricanement :
— En somme, c’est une menace de mort…
— Mais non, voyons. Simplement un avertissement sur les dangers que vous pourriez encourir à vous promener tout seul par ici.
— Ouais, je vois… Je présume que je n’ai rien à répondre à ça ? Vous avez l’avantage du nombre. Echec et mat, hein ?
— Vous êtes un emmerdeur, Mullins. Je l’ai su dès l’instant où je vous ai vu.
Désorienté, Mullins opina. Il s’extirpa lentement de son siège et marcha jusqu’à la porte. Il avait déjà une main sur la poignée lorsqu’il se retourna.
— Je saurai ce que vous trafiquez avec les Vorkuls, Jéhabel. Je saurai à quoi ce camp sert de couverture. Et vous serez peut-être obligé finalement de m’abattre…
Mais Jéhabel faisait mine de ne plus l’écouter, faussement absorbé par la lecture d’un rapport inutile. La rage au cœur, Mullins décida de se conformer à son… conseil ! D’un pas désabusé, il regagna sa cabine lilliputienne, observé de loin par l’un des surveillants. Il s’enferma à double tour, précaution plus psychologique que réelle et se laissa tomber sur sa couchette, la tête entre les mains.
Il ruminait ses soucis depuis près d’une heure lorsque de petits coups réguliers furent frappés à son hublot. Il se redressa, surpris. Une face étrange et blême, mangée par des yeux rouges, s’encadrait derrière l’ovale de la vitre. Pendant un bref instant, il resta figé, oubliant presque de respirer. Puis ses lèvres lâchèrent un nom :
— Nick ? Nick Donovan ?
Un sourire éclaira les traits aigus de la créature et une main aux longs doigts griffus vint se poser sur le carreau. Mullins se leva d’un bond.
— Nick ! Par tous les diables ! exulta-t-il tout à la joie de revoir son vieux compagnon Vorkul. Je ne peux pas ouvrir ce maudit hublot ! Tu m’entends ? Tu comprends ce que je dis ? Nick, bonté divine !
Le Vorkul fit un signe de compréhension et une expression tendre d’amitié vint adoucir la dureté aquiline de son visage. Mullins en conçut un bien-être ineffable. Il était étrange de constater comme la sympathie de ces monstres à forme humaine pouvait être douce et valorisante pour ceux qui en étaient l’objet.
— Comment faire pour nous rencontrer ? demanda Mullins. Le sais-tu ? Je suis surveillé. Ils ne veulent pas que… Je suis en mission, ici… Tu comprends ?
— Je t’entends, répondit une pensée dans un coin de l’esprit de l’homme. Je t’entends et je sais. Inutile de me raconter.
— Ce que je suis content de te revoir, Nick. Après tant d’années… Tu te souviens, notre fuite à Lâke ? Et dans la gare, quand les flics m’ont mis la main dessus ? Tu sais, je n’avais pas tant envie de rentrer que cela chez mes parents, alors. J’étais fasciné. Oui, vraiment fasciné… Ainsi tu as pu rejoindre les tiens, en définitive ?
— C’est une longue histoire… Il faut que tu trouves un moyen d’échapper à la surveillance de Jéhabel. J’ai pris un gros risque en montant jusqu’ici. Mais je savais que tu étais là, pas très loin. J’ai capté ton flux mental, tout à l’heure.
— J’essaierai, j’essaierai, mais ce sera délicat.
— Ce soir, pendant la tempête…
— Entendu, je ferai de mon mieux.
Mais que font-ils de vous ici ? A quoi vous utilisent-ils ?
— Pas maintenant. Ce soir. Quitte le mirador.
— Comment est-ce que je pourrai te trouver ?
— C’est moi qui te trouverai. Je suis content de savoir que tu es là.
— Moi aussi, Nick.
En un clin d’œil, la créature avait disparu. Mullins resta devant le hublot vide, ne sachant s’il venait ou non de rêver ces instants de retrouvailles.
Tandis que des bribes de pensée étrangère achevaient de s’éteindre dans un coin de son cerveau…
**
Comme à l’accoutumée, la tempête se leva vers cinq heures. Elle s’annonça par d’impressionnants mugissements avant de débouler d’entre les collines. Les énormes masses nuageuses qui s’étaient pressées au-dessus de la jungle se déchirèrent subitement d’éclairs.
En quelques instants les terribles bourrasques se rendirent maîtresses de la Réserve, chassant vers les refuges tout ce qui pouvait avoir des jambes et une cervelle. La pluie diluvienne crépita de nouveau dans les ornières encore humides des ravages de la veille.
Jeffrey Mullins avait attendu ce moment avec impatience, assis sur le rebord de sa couchette. Il enfila en hâte les vêtements les plus résistants qu’il put trouver dans son paquetage et passa son nez dans l’entrebâillement de la porte. Aucun surveillant n’était en vue. Les couloirs étaient déserts. Il longea la paroi métallique aussi discrètement qu’il put. Il avait déjà repéré l’accès à l’un des escaliers de secours qui noyautaient les échasses du mirador et, sans hésitation, il gagna rapidement la trappe. Il souleva le panneau d’acier en espérant ne déclencher aucun signal d’alarme. Une bouffée d’air glacial lui sauta au visage avec un hululement menaçant.
Sans se donner le temps de réfléchir, il posa le pied sur le premier échelon et se glissa dans la tuyauterie qu’éclairaient de trop rares repères lumineux. Sous les coups de boutoir du vent, la tôle vibrait et grinçait, de sorte qu’à plusieurs reprises, Mullins s’arrêta, pris de peur à l’idée de dégringoler de la hauteur d’un immeuble.
Il ne fut pas mécontent de toucher enfin le sol. Quittant la protection de la hotte, il s’aventura d’un pas ou deux au-dehors. Il fut littéralement jeté à terre par une bourrasque et se récupéra dans une flaque glaireuse. Complètement aveuglé par les rideaux de pluie, il mit ses mains devant lui, en quête d’un ancrage. Il se sentait comme une oriflamme claquée et battue, tout près d’être arrachée à son mât. Il se voyait déjà roulant et tourbillonnant à travers le camp, bras et jambes mêlés, pareil à ces buissons déracinés qui le frôlaient dans leur course éperdue.
C’est alors qu’une poigne solide se referma sur son épaule, le décollant de terre. Il se sentit soulevé, entraîné parmi les pattes boulonnées des miradors qui tanguaient comme des navires au port, comme si le vent lui-même le portait. Cette sensation persista quelques instants, puis tout redevint calme autour de lui. Il put rouvrir les yeux et passer une manche crottée sur son front dégoulinant. Il regarda autour de lui. L’orage n’avait pas cessé, non, mais son fracas paraissait comme étouffé, distant. Dans les ténèbres qui l’entouraient Mullins décela deux yeux rouges fixés sur lui.
— Nick ? C’est toi ?
Nick Donovan sourit.
— Où sommes-nous ? demanda Mullins. Pourquoi ne sent-on plus la pluie ? Tout est noir… Je te vois à peine.
— N’aie pas peur, répondit le Vorkul de sa voix si douce et mélodieuse. La tempête n’est qu’une illusion créée par nos anciens pour tenir les Non-Chantants à l’écart de nos conciliabules nocturnes.
— Une illusion ? Je suis trempé comme une soupe…
— Un Chant, si tu préfères. Tu sais que nous savons dans une certaine mesure commander aux éléments. L’appel du tonnerre, de la pluie, sont de vieux Chants. Des Chants initiaux, que tout Vorkul découvre d’instinct.
Mullins s’ébroua. Au fil des minutes, sa vision s’accoutumait à cette ombre étrange, si paisible, où il aurait voulu rester caché mille ans. Il distinguait au loin des lampions rouges qui balisaient l’emplacement des miradors immobilisés.
— Tant de pouvoirs… Pourquoi ne pas les utiliser pour vous enfuir, tous ?
— Parce que, forcément, ils causeraient la mort d’un homme. Les Chants ne doivent pas être utilisés pour tuer. En aucun cas. Les Chants sont sacrés. Ils ne peuvent naître de la peur, de la haine, de l’envie. Ce serait profaner leur essence. Mais comme tu le vois, nous savons nous ménager quelques espaces de repos. La nuit est à nous. Au matin, nous rendrons l’autorité à Jéhabel et aux siens.
— Tu veux dire que ces violents orages, chaque jour…
— Oui, nous forçons légèrement la note prévue par leurs faiseurs de climats…
— J’étais venu en mission ici, pour vous porter secours. Je pensais sincèrement que mon action pourrait avoir des conséquences pour ta race. Mais je crois que j’ai échoué.
— Nous savons. Inutile de mettre ta vie en danger pour nous. Les vieux disent que notre fin est proche, quoi qu’il arrive. J’ignore exactement ce qui peut les rendre si pessimistes. Ils ne me disent pas tout et me tiennent volontiers à l’écart. A cause de ma jeunesse, peut-être, ou bien… pour d’autres motifs. Ils voient plus loin que moi.
— Est-il exact que tu sois privé de tes Rêves ?
— Oui. Les Rêves nous ont quittés. Le Gir-Gavanen est désormais hors de notre portée. Ils nous ont implanté un morceau de fer dans la tête.
— N’y a-t-il aucun moyen de…
— Aucun moyen. Les vieux disent que, bientôt, ils nous priveront aussi de nos Cages. Quand ils auront obtenu de nous tout ce qu’ils désirent.
— Justement, que cache ce camp ? A quoi vous utilise-t-on ? Est-ce rapport aux Cages ?
— Je ne suis pas ici depuis bien longtemps. Je ne sais pas au juste, car les autres ont honte d’en parler. Ils me tiennent volontairement dans une certaine ignorance. Mais j’ai cru deviner que certains d’entre nous étaient contraints de se reproduire.
— Se reproduire ? Comment ?
— Ils prennent notre semence. Ils nous mettent en situation de… de chanter pour cela. Nous ne sommes pas comme vous, les Non-Chantants. Nous n’aimons pas de la même façon. Seul un Chant d’amour peut nous faire libérer notre semence. Mais je te l’ai dit, les autres ne sont pas bavards à ce sujet. Ils ont le sentiment de galvauder ce Chant par les pratiques auxquelles ils sont soumis.
— Ils recréent des souches de votre espèce sous un strict contrôle, des souches dont ils espèrent tirer des Cages, beaucoup de Cages… Oui, ce serait bien dans l’esprit de Dale. Constituer des serres de Vorkuls pour soutenir le marché des Cages et en acquérir le monopole dans le même temps. Mais Sharn ? Sharn le Gardien, est-il ici ?
— Non. Nul ne sait où il a trouvé refuge. C’est le dernier qui peut rêver. S’il s’éteint à son tour…
Un éclair silencieux et blafard inonda la clairière. Nick baissa la tête. Il ajouta d’une voix sourde :
— Autrefois, lui et moi nous voyagions ensemble. Il guidait mes quêtes à travers les étoiles, et je recueillais tout son savoir, son expérience. Nous visitions des mondes inhabités. Nous courions sur les ponts d’ombre. Nous poursuivions les météores. Nous assistions aux naissances des nouvelles galaxies. Nous étions pourchassés, aussi. Nous vivions ce qu’une existence de Vorkul libre doit être… Un jour, je m’éveillai sans lui. Il avait disparu sans me prévenir. Bien sûr, je me suis lancé à sa poursuite. J’ai compris qu’il m’avait sevré dans un but déterminé. J’ai voyagé seul. Longtemps. Longtemps aussi j’ai cherché sa trace dans le ciel. J’ai inspecté les planètes où nous avions fait halte, scruté les traces laissées sur les ponts d’ombre. Je ne sais plus quand, j’ai entendu parler de Chrysalide One, sur Bashegar. Et j’ai décidé de m’y rendre. J’espérais le trouver parmi ceux des miens qui avaient été capturés. Je me suis laissé prendre et conduire ici. C’était une erreur. Et une erreur d’autant plus stupide qu’elle était prévisible. Sharn n’y était pas. Comment aurait-il pu s’y trouver ?… Sharn qui était revenu du Rivage des Ombres pour reconquérir sa Cage. Sharn qui avait vaincu Hagon Balger en maîtrisant le Chant de Haine et défié tant de fois les Non-Chantants. Bien sûr qu’il ne s’était pas laissé prendre. Mais moi, j’étais captif, à mon tour. Et j’ai vite compris qu’il n’était pas aussi simple de fuir cette Réserve que je me l’étais imaginé. Il y a Jéhabel. Et Jéhabel nous connaît bien. Enfin, d’une certaine façon…
Jeffray Mullins hocha la tête en jurant à voix basse :
— Il doit bien exister un moyen de vous sortir tous de là. Dès que je serai sorti d’ici, je rendrai publique cette histoire de reproduction. Sûr que ça ne fera pas plaisir à Dale. Les Cages n’ont de valeur que parce que les collectionneurs les croient pleines d’images, de souvenirs ou de Chants hors de portée du commun des mortels. Si l’information circulait qu’elles sont devenues des produits artificiels, ce serait comme accréditer l’idée que les tableaux de maîtres sont des faux, ou des imitations…
— Tu ne comprends pas, Mullins. Les anciens ne veulent pas partir. Ils croient à tort ou à raison que leur route s’achève ici. Que la fin est proche. Ils attendent l’instant où elle se présentera. Bien qu’ils ignorent l’aspect qu’elle prendra, ils l’attendent, et la désirent. Sans Rêve commun, nous n’avons plus rien à espérer.
— Mais toi, tu es jeune…
— Je ne veux pas mourir, c’est vrai. Je veux d’abord retrouver Sharn. M’assurer qu’il est bien le dépositaire du Rêve. Qu’il l’a conservé envers et contre tout. Ensuite…
Mullins préféra ne pas chercher à comprendre plus loin ce raisonnement.
— Je dois retourner au mirador. Tu m’accompagnes ?
— Non, mais tu peux aller sans crainte. Le vent soufflera derrière toi. Je dois retrouver les autres. Nous devons parler, encore.
— Nick, je…
— Nous savons ta loyauté. Mais je crois qu’il est trop tard. Le mal est fait. Le mal irrémédiable.
La longue silhouette du Vorkul s’estompa dans l’obscurité, tandis que ses dernières paroles s’imprégnaient au feu dans l’esprit de Mullins. Celui-ci resta seul. A contrecœur, il décida de retourner en direction des grands échassiers métalliques qui vacillaient dans le lointain. Il se sentait tout empreint de tristesse et d’amertume.
Au bout de quelques mètres, la tempête l’avala de nouveau. Les rafales l’enveloppèrent et le poussèrent en avant jusqu’au pied des refuges humains. C’était tout juste s’il sentait le sol sous ses semelles. Il avait atteint le premier pylône lorsqu’un projecteur l’éclaira en plein.
— Je crois que vous et moi, nous avons un problème, Mullins ! lança Brodrick Jéhabel par-dessus le fracas du vent.
Enfant cessa de se contorsionner, alerté par une sensation désagréable. L’immobilité n’était pourtant pas l’un de ses exercices favoris.
— Sharn ? interrogea-t-il, inquiet.
— Oui, Enfant ? répondit Sharn qui s’était redressé vivement sur le bord de la rivière noire.
— Que se passe-t-il ?
— J’ai bien peur que certaines choses que je redoutais par-dessus tout se soient mises en marche.
— Des choses ? Quelles choses ?
— Des événements que je pressentais depuis longtemps. Dont j’attendais l’heure. Mais sans plaisir.
— Je n’aime guère te voir ainsi soucieux.
— Et moi donc.
— Je sais que tu as certains intérêts au-dehors. Puis-je te venir en aide ?
— Bientôt, tu m’aideras. T’ai-je parlé de mon fils Nick ?
— Non, mais son image est souvent présente à ton esprit. Et celle de sa mère, aussi…
— A l’aune des Vorkuls, il vient tout juste d’entrer dans l’âge adulte. Cela correspond pour les Non-Chantants à celui où ils commencent à compter leurs cheveux blancs. Nick est encore inexpérimenté. Il est tombé entre les mains de nos ennemis, non loin d’ici.
— Qu’attends-tu pour aller le délivrer ?
— Ce que je peux lire de l’avenir rend cette action inutile. Désormais il échappe à mon influence. Il est autonome. Il agira selon sa conscience.
— Est-ce si grave ?
— D’une certaine manière, oui.
— Mais n’était-ce pas inéluctable ?
— Cela l’était en effet. Plus que tu ne le crois. Te sens-tu prêt pour un nouveau jeu ?
— Celui que tu voulais m’enseigner l’autre jour ? Bien sûr. Je n’attendais que ça.
— Alors tiens-toi prêt. Nous allons commencer.